Le cours de l’or a bondi de 75% en un an et enchaîne les records. Inflation, tensions géopolitiques et achats des banques centrales alimentent cette flambée. Mais l’or est-il vraiment un bon investissement à long terme? Si son rôle de diversification est réel, sa volatilité et ses performances historiques restent inférieures à celles des actions. Dans ce contexte, une stratégie d’investissement diversifiée et indicielle reste l’approche la plus rationnelle pour les investisseurs.
L’or bat record après record, et cette formidable ascension a de quoi poser question à tout investisseur : faut-il vendre, est-il encore temps de monter à bord, faut-il augmenter ses positions, ou à défaut « rater le bon moment » et passer à côté d’une occasion historique?
4 mars 2025: Donald Trump est fraîchement de retour à la présidence américaine et il prononce son « State of the Union Address ». Il promet un nouvel âge d’or aux Américains.
Un an plus tard, la promesse s’est réalisée, en tout cas sur les marchés: de mars 2025 à mars 2026, le cours de l’or n’a cessé de battre des records. Il a crû de 75% en un an.
Le précieux métal ne produit ni dividendes ni loyer ni revenu d’aucune sorte.
La joaillerie ou l’industrie, qui ont représenté en 2025 près de 40% de la demande mondiale en or, n’expliquent pas non plus ces sommets.
Au-delà de ces usages concrets, l’or a historiquement servi de réserve de valeur et de moyen de paiement. Des siècles durant, les monnaies ont aligné leur cours sur l’étalon-or. Les banques centrales l’ont stocké pour soutenir leurs devises et permettre les échanges internationaux.
Aujourd’hui, l’or reste considéré comme une valeur-refuge, qui ne dépend ni d’un Etat ni d’une entreprise, qui ne peut pas faire faillite, et dont la valeur reste tangible et reconnue à travers les siècles et le monde.
D’après les données du 2026 UBS Global Investment Returns Yearbook, le rendement réel annualisé de l’or depuis 1900 affiche 1,3%, bien en-deçà de la performance des actions mondiales, entre 6 et 7%.
L’or n’aurait donc pas pu assurer la croissance d’un portefeuille au long cours excepté à certains moments particuliers: lors de huit des onze corrections majeures du S&P500 depuis 1971, le cours de l’or a crû.
Sa décorrélation des marchés d’action donne à l’or une force de diversification... à condition de ne pas en craindre la volatilité : elle est environ 40% plus importante que celle des actions américaines.
C’est cette extrême volatilité que nous voyons à l’œuvre dans ce nouvel âge d’or.
A l’origine de la flambée de l’or, il y a un cocktail de raisons qui viennent mettre de l’huile sur le feu.
Le souvenir de la période de forte inflation dont nous sortons est encore vif dans toutes les mémoires et, traditionnellement, l’or a servi de rempart face à l’inflation.
Par ailleurs, les banques centrales, soucieuses de diminuer leur dépendance au dollar comme monnaie de référence, sont tentées d’accumuler de l’or dans leurs réserves. Enfin, l’instabilité géopolitique, en particulier le spectre de la guerre qui revient hanter le Vieux Continent, alimente l’appétit pour l’or.
Ainsi, la Banque centrale de Pologne, voisine de l’Ukraine en guerre, a fait grimper ses réserves d’or à 700 tonnes, pour dépasser celles de la Banque centrale européenne et rejoindre le top dix des pays aux réserves d’or les plus importantes.
Surtout, les investisseurs particuliers, pris dans ce climat anxiogène et témoins de la perte de confiance généralisée, vont se mettre en quête d’un anxiolytique, et se ruer sur l'or.
Cette ruée ne demande ni pelle, ni tamis, ni coffre-fort : tout un chacun peut dorénavant acheter de l’or, en plus ou moins grande quantité, et le revendre tout aussi facilement, via un ETF adossé à l’or.
Le refuge ultime commence alors à ressembler furieusement à un actif spéculatif, avec toute la volatilité qui l’accompagne.
Corentin Scavée, Head of Wealth Management chez Easyvest, est en tout cas de cet avis : « L'or ne se comporte plus à présent comme une valeur refuge mais comme un actif spéculatif dont la valeur est déconnectée des fondamentaux. Cette course folle devrait plutôt inciter les investisseurs à la prudence. »
Une fois la machine lancée, personne n’a de boule de cristal qui prédise si l’arbre montera, oui ou non, jusqu’au ciel. L’histoire récente a tout de même montré que les retournements peuvent être rapides et douloureux. Fin janvier, l’or et davantage encore l’argent ont subi une correction qui a effacé leurs gains du mois, illustrant la volatilité des métaux précieux.
L’or peut avoir une place dans un portefeuille diversifié, qui vise à créer et à maintenir un avantage à long terme. Ce qui y a rarement sa place, par contre, c’est un placement guidé par des facteurs émotionnels: la peur de passer à côté de l’opportunité du siècle ou un excès de confiance, le biais qui coûte le plus cher aux investisseurs.
L’investissement indiciel (en ETF) préconisé par Easyvest permet de s’exposer de façon simple au marché mondial. L’exposition à l’or passe par les mines d’or et de métaux précieux, exploitées par des sociétés cotées en bourse. Quand la fièvre de l’or s’empare des marchés, leurs coûts d’extraction restent stables alors que le cours du métal s’envole, ce qui fait alors bondir les bénéfices de ces entreprises minières. Un portefeuille Easyvest diversifié profite donc aussi indirectement de la hausse des cours de l’or.
Les marchés ne seront jamais exempts de chocs, de corrections, et d’opportunités à saisir. S'exposer au marché mondial, c’est-à-dire à toutes les géographies et tous les secteurs d’activité, reste une stratégie rationnelle et gagnante à long terme : elle permet de s’affranchir des biais émotionnels qui altèrent notre jugement et pèsent bien souvent sur nos décisions, en capturant simplement la croissance naturelle des marchés à long terme. Pour évaluer l’efficacité de cette stratégie sur votre capital, faites une simulation et prenez contact avec nos Wealth Managers.